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Date : le 23/01/2007

Thème : TROUBLE SAISONNIER

Source : 24 heures

La lumière, source de bien-être

 TROUBLE SAISONNIER La dépression hivernale n’est plus une fatalité. La luminothérapie permet de retrouver les bienfaits du soleil et de se libérer de sa fatigue.

ANNE-ISABELLE AEBLI
Publié le 23 janvier 2007

Depuis l'automne, vous ressentez un tel besoin de dormir que les nuits n'y suffisent plus. Et aussi une irrépressible envie de manger, mais pas n'importe quoi: des hydrates de carbones. Pâtes, pain ou chocolat ne viennent pourtant pas à bout de vos fringales. Cette consommation inhabituelle a pour corollaire une augmentation de poids palpable! Mais, malgré vos heures de sommeil en hausse et les sucres ingérés, vous n'arrivez pas à vous débarrasser de cette fatigue qui vous englue…

Un «mal» biologique

Ces symptômes sont typiques de la dépression hivernale, un «mal» purement biologique dû au manque de lumière. Cette dernière influence directement notre rythme circadien via la rétine de l'œil et la glande pinéale. Pour la majorité d'entre nous, la diminution de l'intensité lumineuse durant la saison froide passe inaperçue car notre horloge biologique interne est aussi et avant tout conditionnée par nos habitudes: heure de lever, de coucher et de repas, notamment. En revanche, 15 à 20% de la population, sous nos latitudes, ressentent la baisse de luminosité, et deux à trois pour-cent voient leur horloge interne se dérégler de manière importante.

La parade existe. On peut se soigner en absorbant un antidépresseur durant les mois les plus sombres; ou, si on en a les moyens, s'offrir une semaine de vacances sous le soleil des tropiques. Mais la manière la plus douce et la plus efficace pour résoudre le problème est la lumino ou photothérapie: il suffit de s'exposer devant une source lumineuse reproduisant les rayons du soleil.
Inutile de réunir toutes les lampes de la maison pour pratiquer une séance à sa manière. L'intensité de nos ampoules est bien trop faible pour remplacer le soleil.
Et leur lumière ne comporte pas tout le spectre des couleurs! Quand à la lampe à bronzer, mieux vaut l'oublier! Pour obtenir un effet positif, il faut avoir les yeux ouverts, ce qui est totalement interdit sous ces dispensateurs d'ultraviolets. Les lampes de luminothérapie, elles, sont exemptes d'UV.

Le meilleur moyen de se soigner est de consulter un médecin. Nombre de généralistes connaissent la dépression hivernale. Si ce n'est pas le cas du vôtre, adressez-vous directement à la policlinique de psychiatrie de Chauderon. La luminothérapie y est appliquée depuis 1992.

Policlinique de psychiatrie, consultation de Chauderon, avenue d'Echallens 9, tel. 021 643 14 14.


Une pratique qui fait des miracles


A.-I. A.

Catherine Reymond-Wolfer est l'un des deux infirmières qui s'occupent des taitements par la luminothérapie à la policlinique de Chauderon, sous la responsabilité du Dr Yasser Khazaal. Depuis 1992, elle a vu régulièrement cette technique produire des miracles. «Parfois, il suffit d'allumer la lampe pour que les gens se sentent déjà mieux!» Et, bien souvent, ses patients retrouvent énergie et joie de vivre après cinq à dix jours de photothérapie.

La policlinique de Chauderon dispose de trois lampes qu'elles prête aux patients. «Il faut faire attention aux yeux, ne pas regarder la lampe mais lui jeter un coup d'œil de temps en temps, sinon cela peut provoquer des tensions oculaires et des maux de tête, prévient Catherine Reymond. La photothérapie est d'ailleurs contre-indiquée si la personne souffre de glaucome ou d'une affection oculaire.» Si le traitement est concluant, il ne reste plus au patient qu'à s'équiper et à s'exposer dès les premiers symptômes de dépression hivernale. «La luminothérapie est le moyen le plus naturel de se soigner. Et elle permet d'être autonome.»

Bien que cette pratique soit globalement sans danger, il existe tout de même quelques contre-indications. Mieux vaut donc passer par un médecin ou par la policlinique. D'autant plus que les appareils certifiés coûtent cher. S'ils sont prescrits, les assurances maladie remboursent jusqu'à 720 francs de la facture.


EN BREF


LUMINOSITÉ
En été, la lumière extérieure atteint 50 000 à 100 000 lux. En hiver, elle oscille entre 1000 et 1500 lux, sauf sur la neige où, avec le soleil, elle peut atteindre 10 000 lux. A l'intérieur, la lumière artificielle ne développe que 300 à 700 lux. Pour atteindre 700 lux, il faut installer de nombre de puissants spots!

AUTRES APPLICATIONS
Outre la dépression saisonnière et le blues hivernal, la lumino ou photothérapie est aussi utilisée pour traiter certains troubles du sommeil (endormissement retardé ou avancé, personnes âgées), le jet lag, et l'adaptation au travail de nuit.

BIEN CHOISIR
On trouve différents appareils de luminothérapie. La certification CE suivie de 4 chiffres indique que la lampe est exempte d'UV. Mais cette indication ne suffit pas. Il faut aussi tenir compte de la distance indiquée par le fabricant. Pour une lampe de 10 000 lux, la distance recommandée est d'environ 50 cm. Si elle est de 15 cm, c'est mauvais pour les yeux et difficile à appliquer, estiment les spécialistes.

ADRESSE
En Suisse romande, le seul commerce spécialisé en matériel de luminothérapie agréé par les médecins est le centre Medi-Furst, à Genève. Conseils et catalogue sur internet: www.luminotherapie.com.

http://www.24heures.ch

 

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